Warfield / Lindigo - TPA 28/02/2014

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Warfield / Lindigo - TPA 28/02/2014

Message par iNX le Lun 24 Mar - 14:02

Voici la chronique écrit par Blue, disponible également sur le blog : http://laplumedumetalleux.tumblr.com/

Je vais vous avouer quelque chose : je n’aime pas le maloya. Souvent, on me dit que je renie mes racines, que je suis forcément un mauvais Réunionnais à la solde de la méchante Babylone, et qu’à cause des gens comme moi, la tradition disparait. Vous savez quoi ? J’y peux rien : j’aime pas. Quand j’ai appris pour la première fois que Warfield, le fleuron du Metal Réunionnais, allait s’encanailler avec le crew de Lindigo pour 2 concerts « Metaloya », j’ai imaginé le pire. Combien de fois par le passé, m’a-t-on promis la fusion ultime du maloya et du rock ? Combien de fois m’a ton dit « Ce groupe là mélange vraiment le meilleur des deux mondes » ? Presque à chaque fois je me suis retrouvé devant un groupe de rock bien consensuel pas vraiment à l’aise avec les rythmes ternaires. Les exemples sont nombreux.

Je connaissais l’affection particulière qu’ont les musiciens de Warfield pour le Maloya, ils ne s’en sont jamais cachés. Leur album « 1848 – san mélé » le revendique d’ailleurs haut et fort. La démarche semble donc plutôt sincère. Et connaissant les qualités des musiciens, j’ai ravalé mes préjugés et j’ai pris ma place à 18 euros (putain c’est cher) pour le concert du 28 Février 2014 au Théâtre de Plein Air de Saint-Gilles.

J’adore le TPA. L’acoustique est excellente, il fait bon, on voit les étoiles et on peut rester assis et ne pas perdre une seule miette du spectacle. Les premiers musiciens à monter sur scène sont ceux de Warfield. Il y a 2 guitares, une basse et la batterie : exit le chanteur habituel donc. Ils commencent sur le riff d’entrée d’Evil We Breath, le public encore clairsemé est timide. Les musiciens de Lindigo rentrent sur scène, et le public se réveille. C’est parti, j’ai sûrement bien fait de venir. Les accords dissonants du metal accompagnés de la section rythmique du maloya est truc qui fonctionne réellement ! On n’est pas devant Sepultura qui balance 3 percus Brésiliennes pour faire bien, la chanson marche vraiment sur le principe de la fusion des 2 influences. C’est une putain de claque dans la gueule. Petit bémol en terme de niveau sonore, les guitares électriques et le growl d’Alex et d’Olivier de Warfield sont un peu trop en retrait, dommage.

Lindigo est venu au complet : roulèr, pikèr, balafon, kora, bobre (sous-mixé pour le coup) et un ptit clavier de temps en temps. Mais il manque encore quelqu’un sur la scène. Au bout de quelques minutes on finit par entendre : « Quand ou connais ou sa ou sorte, ou connais ou sa ou sava ». Olivier Araste bondit sur la scène, habillé en bonbon harlequin. Le mec dégage un charisme incontestable, il gesticule, saute, se fait un ptit jogging sur la scène. C’est un chanteur certes, mais avant tout un ambianceur hors du commun.

Les morceaux s’enchainent donc sous la houlette d’Olivier et c’est en toute logique que les morceaux retrouvent une structure et des harmonies beaucoup plus typiques du maloya traditionnel. L’aspect metal s’efface alors un peu pour revenir en force de temps en temps lors d’un break bien brutal, ou d’un solo de guitare d’Olivier Montauban. On assiste alors plus à une alternance metal / maloya, que la véritable fusion qu’on pouvait entendre sur les 2 premiers morceaux. Pas grave, pour une fois que je kiffe un concert de maloya (le son du roulèr est ENORME). Je vais pas faire la fine bouche. Le public debout ne me fera pas mentir.

Au bout de quelques morceaux, j’ai l’impression que le concept s’essouffle un peu : Olivier Araste chante en gesticulant sur un rythme ternaire, les chœurs répètent, gros break metal, et rebelotte. Le morceau qui précède MozerFonnker (désolé, j’ai pas le nom, j’ai pas eu la playlist) vient chambouler un peu tout ça. On retrouve alors ce qui fait l’efficacité de la recette selon moi, des harmonies dissonantes bien metal, des chœurs maloya, le tout sur un rythme ternaire bien speed et des breaks de batterie furieux. Tout est vraiment bien mélangé sans tirer d’un côté ou de l’autre, sans alternance.

On enchaine donc sur MozerFonnker, un morceau original de Warfield. C’est le moment que choisit Olivier Araste pour s’éclipser. C’est Olivier Montauban, qui va chanter. Bon c’est pas mon morceau préféré (je l’avais entendu au IOMMA), et les guitares sous-mixés me feront pas changer d’avis ce soir. Dommage.

La suite se déroule sans réelles surprises. Les morceaux gardent une structure maloya (un peu répétitif quoi) et les guitares attendent gentiment leur tour. Ca commence à sentir la fin, quand on comprend que la chanson qui vient est un gros bœuf où chacun y va de son solo. Les effets de lumières deviennent épileptiques et les gens sont debout devant la scène et sur les gradins. Bref c’est la folie.
Le morceau se termine dans une fièvre générale, les 2 groupes saluent sous une véritable ovation du public. Je finis par me rendre compte que c’est carrément blindé de monde en fait (500 personnes d’après ce que j’ai compris). Et certains ont carrément fait le déplacement depuis Salazie en bus !
Le public en redemande et tout le monde revient sur scène pour un rappel plutôt dispensable puisqu’il s’agit d’une chanson qu’on avait entendue plus tôt dans la soirée.

C’est l’heure de partir et de dresser le bilan. En me dirigeant vers la sortie, j’ai vraiment l’impression d’avoir assisté un truc qui a jamais été tenté auparavant. J’ai passé une putain de bonne soirée, et même si je pinaille sur quelques détails dans ma chronique, dans l’ensemble le truc débordait d’énergie. La bonne humeur du sieur Araste est réellement contagieuse, les musiciens sont solides et le concept original. Y’a encore quelques trucs à régler mais c’est super prometteur pour la suite.

En discutant un peu avec les potes dans la voiture, je me rends compte de la communication extraordinaire sur cet évènement : journal télévisé, articles dans le journal, sur internet tout le monde en parlait. Attention, c’est cool hein, et me faites pas dire ce que je veux pas dire. Mais je me souviens pas que Warfield seul ait bénéficié de ce genre de plan comm. Faut-il obligatoirement un alibi pour parler du metal à la Réunion (le maloya en l’occurrence) ? Faut-il absolument adoucir sa musique pour passer au Sakifo (apparemment on y retrouvera les 2 formations pour le même genre de show) ? Bref, le metal Réunionnais doit-il être cantonné à son particularisme régional pour faire parler de lui ? Je préfère me dire que non…

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